Âge : 73 ans
Né le 9 mars 1942
Décédé le 16 juill. 2015

Mémorial créé le 13 janv. 2017
par Rabi Low

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Vos hommages à Roland Dunkel (9)

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  • Hommage de Rabi Low

    "Nous recevons la nouvelle de la disparition d’un être aimé comme l’enfoncement d’un poing de marbre dans notre poitrine.

    Pendant quelques mois nous avons le souffle coupé. Le choc nous a fait reculer d’un pas.

    Nous ne sommes plus dans le monde.

    Nous le regardons. Comme il est étrange.

    Le moins absurde, ce sont les fleurs. Elles sont des cris de toutes les couleurs. La moindre pâquerette cherche désespérément à se faire entendre de nous. Sa parole c’est sa couleur.

    Quand tu es morte, je suis devenu un drogué des fleurs. J’en mettais partout dans ma maison.

    Le monde, dont ta mort m’avait détaché, tournait lentement comme une boule noire dans le noir mais il y avait cette insolence colorée des fleurs, ce démenti jaune, blanc, rouge, bleu, rose au néant monocorde.

    Les religieuses dans les monastères savent l’importance explosive d’un bouquet de roses dans un pot de grès. Le poing de marbre s’est retiré de ma poitrine. Je suis revenu au monde comme l’enfant presse son visage contre la vitre. Le monde n’aime pas la mort. Il n’aime pas non plus la vie. Le monde n’aime que le monde. Il a donc repris toute sa place. Presque : je n’oublie pas ce que m’ont dit les fleurs en ton absence. Car j’ai fini par les entendre. La vie est à peu près cent milliards de fois plus belle que nous l’imaginons – ou que nous la vivons. Je vois la vigne vierge à la fenêtre. Des souffles colorés traversent le pré.

    Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l’éternel.

    Yeux murés par l’éternel, j’avale les féeries de l’air.

    Et j’écris.

    C’est ma réponse au sans réponse, mon contrechant, un bruit d’ailes dans le feuillage du temps.

    Je ne peux pas te parler du mimosa puisque tu n’es plus là.

    Mais le mimosa, lui, me parle très bien de toi : tout ce qui est délicat a traversé le pays des morts avant de nous atteindre".

     

    ~ Christian Bobin

    (L'homme-joie)

     

    Posté le 26 juill. 2017Alerter

    Rabi Low

  • Hommage de Rabi Low

    "Il n'y a rien d'autre à chanter dans la vie que l'amour enfui dans la vie

    La durée amoureuse n'est pas une durée. Le temps passé dans l'amour n'est pas du temps, mais de la lumière, un roseau de lumière, un duvet de silence, une neige de chair douce.

    Vous écrivez l'histoire de l'amour pur, l'histoire du deuil de l'amour pur. Il n'y a rien d'autre à écrire, n'est-ce pas. Il n'y a rien d'autre à chanter dans la vie que l'amour enfui dans la vie. Vous n'écrivez pas pour retenir. Vous écrivez comme on recueille le parfum d'une fleur vers sa mort, sans pouvoir la guérir, sans savoir enlever cette tache brune sur un pétale, comme une trace de morsure minuscule - des dents de lait, mortelles.

    Dans le chant, la voix se quitte : c'est toujours une absence que l'on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l'excès et le défaut. Le comble et la perte.

    On pense qu'on a très peu de temps dans la vie, qu'un an dure comme un sourire, que dix ans passent comme une ombre et que, dans si peu de temps, il ne reste qu'une seule chance, qu'une seule grâce : devancer notre mort dans la légèreté d'un sourire, dans l'errance d'une parole.

    Il a cinquante ans. C'est l'âge où un homme entreprend l'inventaire de ses biens. C'est quoi réussir sa vie. Ce qu'on gagne dans le monde, on le perd dans sa vie.

    Il n'y a pas d'apprentissage de la vie. Il n'y a pas plus d'apprentissage de la vie que d'expérience de la mort.

    La vérité est sur des tréteaux dans un cercueil encore ouvert. La vérité a le visage d'un mort. C'est un visage retourné comme un gant. Un visage sans dedans ni dehors. Un mort c'est comme une personne. Un mort c'est comme tout le monde. Tout va vers ce visage, comme vers sa perfection. La peur, l'attente, la colère, l'espérance de l'amour et les soucis d'argent, tout va vers ce visage comme vers un dernier mot. Le mort se tait pour dire en une seule fois. Le mort dit vrai en ne disant plus et si, sur lui, l'on jette tant de silence, c'est pour ne rien entendre".

    Christian Bobin, la part manquante.

    Posté le 14 juill. 2017Alerter

    Rabi Low

  • Hommage de Rabi Low

    Sous aucun prétexte,
    Je ne veux
    Avoir de réflexes,
    Malheureux
    Il faut que tu m'ex-
    pliques un peu mieux
    Comment te dire adieu

    Mon cœur de silex
    Vite prend feu
    Ton cœur de pyrex
    Résiste au feu
    Je suis bien perplexe,
    Je ne veux
    Me résoudre aux adieux

    Je sais bien qu'un ex
    Amour n'a pas de chance, ou si peu
    Mais pour moi une ex-
    plication vaudrait mieux

    Sous aucun prétexte
    Je ne veux
    Devant toi surex-
    poser mes yeux
    Derrière un kleenex
    Je saurais mieux
    Comment te dire adieu
    Comment te dire adieu

    Tu as mis à l'index
    nos nuits blanches, nos matins gris-bleu
    Mais pour moi une ex-
    plication vaudrait mieux

    Sous aucun prétexte,
    Je ne veux
    Devant toi surex-
    poser mes yeux
    Derrière un kleenex
    Je saurais mieux
    Comment te dire adieu
    Comment te dire adieu
    Comment te dire adieu

    Posté le 7 mars 2017Alerter

    Rabi Low

  • Hommage de Rabi Low

    Emily Dickinson :

    « Je ne suis personne, et toi ? personne non plus ? Alors nous sommes deux, mais ne dis rien, on nous chasserait tu sais. »

    Posté le 7 mars 2017Alerter

    Rabi Low

  • Hommage de Rabi Low

    MON DIEU LE TEMPS ME DONNE TOUT

    Mon dieu le temps me donne tout
    Il est si fort il est si doux
    Mon dieu ce monde est un mystère
    Il touche ciel il touche terre

    Mon dieu le départ d’un ami
    Savais-tu qu’il s’est endormi
    Au fond d’un livre de prières
    J’ai vu son ombre sur la pierre

    Mon dieu notre corps à genoux
    La mort était si près de nous
    Mon dieu la vie ne vaut pas cher
    On serre des mains passagères

    Mon dieu cette vie à l’envers
    Et toi et moi qui laissons faire
    Un peu de tendresse en passant
    Pourrait nous rendre intéressants

    Mon dieu nos rêves qui basculent
    Parfois on se sent ridicules
    Qu’est-ce qui pouvait nous arriver
    Au milieu d’un conte de fées

    Mon dieu donne-nous le courage
    D’aller jusqu’au bout du voyage
    Toute cette haine à notre porte
    Mais la vie sera la plus forte

    Prenons nos rêves pour le réel
    Nourrissons-les ils sont si frêles
    Si j’attends assis bien au chaud
    Ils resteront dans leur cachot

    Un nouvel enfant vient de naître
    Ne le laissez pas disparaître
    Avant que ses paroles fines
    Ne nous aient sortis de la mine

    Mon dieu j’ai mal à mes semblables
    Leur souffrance est intolérable
    Je les invite et dans mes bras
    Leur regard m’illuminera

    Avec juste un petit sourire
    Notre fenêtre va s’ouvrir
    La chaleur alors entrera
    L’hiver dégoûté s’en ira

    Mon dieu merci pour ce message
    L’oiseau est sorti de sa cage
    Il commence à bouger les ailes
    En sautant de la passerelle

    Mon dieu je n’en ai pas fini
    Tant que je suis encore ici
    De vous rabattre les oreilles
    Avec mon cri plein de soleil

    Posté le 23 fév. 2017Alerter

    Rabi Low

  • Hommage de Rabi Low

    Je vous aime...


    "Ce qu'on apprend dans les livres, c'est à dire "je vous aime".

    Il faut d'abord dire "je". C'est difficile, c'est comme se perdre dans la forêt, loin des chemins, c'est comme sortir de maladie, de la maladie des vies impersonnelles, des vies tuées. Ensuite il faut dire "vous". La souffrance peut aider - la souffrance d'un bonheur, la jalousie, le froid, la candeur d'une saison sur la vitre du sang. Tout peut aider en un sens à dire "vous" , tout ce qui manque et qui est là, sous les yeux, dans l'absence abondante. Enfin il faut dire "aime". C'est vers la fin des temps déjà, cela ne peut être dit qu'à condition de ne pas l'être. La dernière lettre est muette, elle s'efface dans le souffle, elle va comme l'air bleu sur la plage, dans la gorge. "Je vous aime." Sujet, verbe, complément. Ce qu'on apprend dans les livres, c'est la grammaire du silence, la leçon de lumière. Il faut du temps pour apprendre. Il faut tellement de temps pour s'atteindre. "

    Christian Bobin

    Posté le 20 fév. 2017Alerter

    Rabi Low

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